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Sujet : Le Balvenie TUN 1401 Batch 5, compte rendu de dégustation.
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Auteur Sujet : Le Balvenie TUN 1401 Batch 5, compte rendu de dégustation.
Fred
Distillateur
(Administrateur)
Posté le: 27/01/13 17:57, dernier message le : 04/02/13 [Répondre ]
Il y a quelques jours, j'ai eu la chance de participer à une dégustation fort intéressante dont le point central était le Balvenie TUN 1401 Batch 5. Un TUN est une cuve de 2000 litres utilisée pour assembler le contenu de plusieurs fûts. La version présentée provenait du 5ème assemblage (batch 5) de cette version, réservé pour le marché américain et européen. Deux autres lots sont destinés au marché asiatique et duty free. Le TUN 1401 a pour vocation de réduire l'écart dans la gamme Balvenie entre le 21 ans Port Wood et le 40 ans.

Mais l'élément le plus passionnant de cette soirée était surtout la dégustation préalable d'un échantillon de chacun des 9 neuf fûts entrant dans la composition de ce batch 5. Dans le jargon, cet exercice s'appelle une verticale, c'est à dire la dégustation de plusieurs millésimes d'une même distillerie.

Dans le cas présent, cette verticale était d'un genre très spécial. Il s'agissait tout d'abord uniquement de bruts de fût, c'est à dire le breuvage à l'état brut, un arrivage direct des chais de Balvenie : sans filtrage, réduction ou autre assouplissement. Deuxièmement, les âges présentés étaient vertigineux : le plus jeune échantillon avait 20 ans alors que le plus vieux en avait 46. La moyenne devant être au dessus de 35 ans. Enfin, 5 des 9 futs utilisés était des ex bourbon et les autres des ex xérès : parfait pour arbitrer le match xérès vs bourbon !

Tous cela nous a permis, le temps d'une soirée, de plonger au cœur de la distillerie et de tutoyer le distillat le plus brut et le plus noble de cette grande maison. Une leçon très instructive sur l'effet du temps et du tonneau sur ce précieux breuvage. Si le terme « Master Classe » me semble très souvent galvaudé pour les dégustations, dans le cas présent, il a prix toute sa signification.

Cette soirée nous a offert également un angle de vu passionnant sur le travail du maître assembleur David Stewart. Les neufs fûts n'ont pas seulement été sélectionnés pour leurs qualités intrinsèques, mais surtout pour leurs apports respectifs dans le produit final. Le plus vieux des Balvenies présenté avait un taux d'alcool de 37% ce qui l'empêche d'avoir l’appellation whisky (40% obligatoire). Impossible à mettre en bouteille tel quel malgré toutes ses qualités, il va venir s’intégrer à l'ensemble tout en baissant le taux d'alcool des plus jeunes. Le titrage alcoolique ciblé par le maître assembleur pour cette version TUN 1401 est de 50%. Le Batch 5 est à 50,1%. Pas mal, sachant que chaque fût n'a pas le même taux de remplissage, part des anges oblige. Autre élément important, l'un des échantillons nous a semblé bien en dessous des autres à cause de sa violence alcoolique et son apreté. Très vite, il a été qualifié de « mauvais garçon de la bande » par l'assemblée. Et pourtant, ce « mauvais garçon » a été retenu pour ce prestigieux assemblage car il est évident qu'aux yeux du maître assembleur, il avait des qualités qui serviraient l'ensemble. Belle leçon.

Enfin, personnellement, outre le fait d'attiser mon intérêt pour cette distillerie, cette dégustation m'a apporté une réponse à une question récurrente : Pourquoi s'obstiner à produire des vieillissements en fûts de bourbon ? Cette question manque volontairement de nuance, mais je dois avouer que je ne suis pas très fan de ces vieillissements car ils apportent (trop) souvent une attaque explosive à certains breuvages. Je me demandais donc pourquoi Balvenie choisissait cette voix pour ses whiskies, n'intégrant les fûts de bourbon qu’en assemblages dans les versions disponibles. Je sais maintenant que le bourbon convient parfaitement à ce distillat délicat aux notes d'écorce d'oranges emblématiques. Quoique qu'intéressants, les échantillons provenant des fûts de xérès n'avaient pas la douceur et la complexité de ceux provenant des fûts de bourbon. C'était donc ça, la bonne raison …

Il faut noter également que la distillerie de Balvenie a arrêté depuis longtemps de vendre des fûts à des négociants. Il est donc très difficile de trouver des Balvenies provenant d'embouteilleurs indépendants. De ce fait, seules les versions officielles permettent de ce faire une idée sur la maison. Mais l'effet caché de cette politique est le patrimoine de fûts. En effet, la maison Balvenie possède des chais avec de très vieux fûts, ce qui va leur permettre de produire des assemblages certainement magnifiques dans les années à venir. Le TUN 1401 n'en est qu'un exemple.

Mais passons aux échantillons dégustés.

1966, Bourbon, 37% : Nez magnifique, bois et fruits exotiques. Bouche dans la même ligne avec plus de bois. Bonne longueur et belle douceur. Bonne idée de commencer par celui-là

1991, Bourbon, 55,8% : Nez très groumant mais le taux d'alcool est très dangereux pour les nasaux. L'aération laisse passer des notes franchement pâtissières. Sans eau, la bouche est explosive. Avec de l'eau, il devient plus cohérent et gras. Le sucre s'exprime immédiatement et le gras nappe le palais. La longueur est moyenne, mais l'ensemble est bien fait.

1973, Bourbon, 51,6% : Doux au nez, avec un coté végétal et floral enivrant. La bouche est un flash d'alcool suivit d'une lave sucrée ! S’asséchant sur la fin et enfin poivré. Sauvage mais sucré.

1972, Bourbon, 52,2% : Le nez est assez discret, on le cherche dans le fond du verre. L'attaque est pourtant assez puissante et réclame de l'eau. Avec une légère dilution, les herbes apparaissent. Globalement assez sec mais agréable finalement.

1974, Bourbon, 44,6% : Nez très acide qui masque le reste. Avec une pointe d'eau, s'ouvre pour révéler le sucre. La complexité vient avec le temps. La bouche est bien équilibrée, le développement est doux laissant le décor se poser doucement. L'acidité du début se dissout dans le sucre pour virer sur une note d'ananas. Le décor final est très beau.

1970, Xérès, 58,8 : Nez alcool, bouche alcool, trop fort, pas d'ouverture, Avec une pointe d'eau, rien de mieux, le bougre se débat dans tous les sens. Identifié comme le mauvais garçon de la troupe. Alors pourquoi intégrer celui là dans une sélection aussi stricte ? Le maître assembleur a certainement bien laissé murir ce choix.

1972, Xérès, 48,8% : Nez plus doux, riche en arôme de xérès et rancio. On cherche la douceur. L'eau abaisse l'attaque mais l'ensemble peine à devenir gourmand. Au final, difficile et austère.

1975, Xérès, ?: Plus doux, plus de cire, plus enivrant. Vieux Macallan ? Pas encore franchement gourmand, mais bien plus facile à accepter.

1971, Xérès, 52% : Nez superbe, enveloppant, sirop de xérès, fruits confits. La bouche est puissante mais la goutte d'eau révèle le fruit. Le développement est très beau sur une salade de fruits bien mûrs.

TUN 1401 : Et alors ce TUN 1401, comment est-il ? Magnifique et complexe sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit, Mais malheureusement, l'intensité de la dégustation ne m'a pas laissé les idées très claires pour le bouquet final. Il s'agit d'un assemblage demandant beaucoup plus de temps pour être correctement interprété et compris. Plusieurs des échantillons goutés ont refait surface lors de la dégustation, par petites touches subtiles.

Un grand merci à Damien, L’ambassadeur Balvenie, pour nous avoir donné la chance de participer à cette dégustation. Merci beaucoup à Corto pour nous avoir tous réunis pour cette occasion et merci à Christophe pour nous avoir accueilli chez lui.
flogging_molly
Ce que beurre et whisky ne peuvent soigner est incurable.
(Membre)
Posté le: 27/01/13 18:24 [Répondre ]
je devais etre présent mais obligation pro je n'ai pas pû venir grrr
Fred
Distillateur
(Administrateur)
Posté le: 27/01/13 19:19 [Répondre ]
Et ce compte rendu ne doit être qu'une maigre compensation ... Désolé
flogging_molly
Ce que beurre et whisky ne peuvent soigner est incurable.
(Membre)
Posté le: 27/01/13 19:26 [Répondre ]
Merci quand même fred malheureusement on ne fais pas toujours ce que l'on veut gnak
SINGLEMALT
Mieux vaut 1 excellent dram...que 2 médiocres .(Life is too short to drink bad whisky).......Denis
(Rédacteur)
Posté le: 27/01/13 22:54 [Répondre ]
Ce fût un moment mémorable, belles rencontres et week-end riche en émotions...
Dagde
Je ne suis pas péremptoire, j'ai simplement raison
(Membre)
Posté le: 28/01/13 01:50 [Répondre ]
Chouette CR mon grand. Et c'est hachement bon ce petit Tun
Fred
Distillateur
(Administrateur)
Posté le: 28/01/13 09:28 [Répondre ]
Merci Dagde, venant d'un scribe de ton envergure, cela me flatte !
canis_lupus

(Membre)
Posté le: 28/01/13 18:05 [Répondre ]
J'ai eu droit à la même dégustation il y a quelques mois, animé avec brio par Damien, lors d'une soirée de notre club.
Bon, en fait, y'avait un peu plus que ça, vu qu'on a visité un peut toute la gamme actuelle, et passée de The Balvenie.
Fred
Distillateur
(Administrateur)
Posté le: 29/01/13 09:43 [Répondre ]
Salut canis,

Personnellement, une soirée basée sur l'exploration de ce TUN 1401 était nettement suffisante pour mes papilles. 10 dégustations en 4-5 heures, c'est assez pour moi, surtout qu'il s'agissait de bruts de fût.

Et Damien a été brillant également avec nous Très franc et très ouvert, c'est très agréable et tellement plus convainquant qu'une démonstration commerciale en costume cravate !
CortoMalte
Rédacteur en chef du site: www.gregswhiskyguide.com
(Membre)
Posté le: 29/01/13 11:05 [Répondre ]
Bonjour tout le monde,
Merci pour le C.R., Fred,
j'y étais aussi (et flogging molly rassures toi, il y en aura d'autres de soirées, tant qu'il lui reste des samples, bien sûr ). Pas trop le temps d'en parler en détail hélas(mon ordi est en panne depuis quelques jours, d'ou un silence quasi-total) mais oui c'était une soirée riche d'enseignements.... Personnellement, j'aurais enlevé deux ou trois fûts dans l'assemblage et je les aurais remplacés par d'autres (de mémoire en vitesse un de Bourbon, deux de Sherry) afin d'obtenir un assemblage qui aurait la délicatesse du premier batch (j'ai trouvé le batch 5 plus rude-en tout cas cette fois ci-il a été dégusté à la fin) tout en présentant un style un peu différent (mais je sais c'est facile à dire).

En tout cas un grand privilège de "rentrer un peu dans les chais" sans y aller !
De faire à la fois une verticale et une horizontale. C'est pas mal, quand même, avouons le ...
à bientôt sur la toile...

mise à jour : 29/01/13 12:33
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